« Guerre des arbres pourpres » : différence entre les versions
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| combattants1 = [[Image:Blason ordre.png|30px]] [[Ordre de l'Imperfectible]] | | combattants1 = [[Image:Blason ordre.png|30px]] [[Ordre de l'Imperfectible]] | ||
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| forces1 = approx. | | forces1 = approx. 200 000 frères, nombre indéfini de miliciens | ||
| forces2 = approx. | | forces2 = approx. 300 000 impériaux <br /> approximativement 30 000 kaers | ||
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| pertes2 = | | pertes2 = 250 000 impériaux, 4 500 kaers | ||
| batailles = [[Bataille du ciel de feu]]<br />[[Bataille du divin châtiment]] | | batailles = [[Guerre des arbres pourpres#Bataille du ciel de feu|Bataille du ciel de feu]]<br />[[Guerre des arbres pourpres#Bataille du divin châtiment|Bataille du divin châtiment]] | ||
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=Contexte= | La guerre des arbres pourpres est un conflit opposant l'[[Ordre de l'Imperfectible]] et l'[[Empire de l'éternelle lumière]] entre 1242 et 1244. Elle prend fin en 1244 avec la [[Guerre des arbres pourpres#Bataille du divin châtiment|Bataille du divin châtiment]]. L'Ordre en sortira vainqueur, mais fortement affaibli. Surtout, sa réputation d'invincibilité sera à jamais prise ébréchée. Du côté de l'Empire, ce conflit entraînera une guerre civile meurtrière. | ||
==Contexte== | |||
En 1224, la guerre faisant rage entre l'[[Empire de l'éternelle lumière]] et l'[[Ordre de l'Imperfectible]], alors dirigé par [[Urien II]] le conciliateur, prend fin grâce aux efforts de ce dernier. L'Empire en profite pour mettre de l'ordre dans ses affaires internes pour le moins chaotiques. | En 1224, la guerre faisant rage entre l'[[Empire de l'éternelle lumière]] et l'[[Ordre de l'Imperfectible]], alors dirigé par [[Urien II]] le conciliateur, prend fin grâce aux efforts de ce dernier. L'Empire en profite pour mettre de l'ordre dans ses affaires internes pour le moins chaotiques. | ||
En 1240, les kaers violent un traité de non-agression et mettent [[Villeneuve]] à sac. La loge Juridique demande alors qu'on exécute tous les otages kaers en représailles. | En 1240, les kaers violent un traité de non-agression et mettent [[Villeneuve]] à sac. La loge Juridique demande alors qu'on exécute tous les otages kaers en représailles. [[Vṙenzaz Bonne-Chance]], un capitaine de la première légion (et le père de [[Doloṙoṙ Mortepitié]]), marié notamment à Danuṙia, une noble kaerine, refusera de la livre et réclamera des représailles purement militaires, sous la forme d'une expédition punitive. [[Laeṙn Hauteflammes]], [[Hiérarchie de l'Ordre#Grand Inspecteur Inquisiteur des Tribunaux|Grand Inspecteur Inquisiteur des Tribunaux]] le fera juger comme traître, malgré les réticences du Grand Maître de l'Ordre [[Gaber Longue-Lance]]. Vṙenzaz subira donc la [[penta-guillotine]] aux côtés de son épouse, et de nombreux nobles kaerins. | ||
Cette riposte odieuse déclenchera une nouvelle guerre féroce entre les gotteriens et les kaers. | |||
En 1241, [[Teron Fléaufort]], maréchal de [[Mornetour]], envoie une dodécurie rejoindre les rangs de rebelles indigènes en se faisant passer pour des déserteurs. Ses hommes ont pour mission d'inciter les rebelles à se rassembler et à se montrer audacieux, afin de pouvoir les écraser dans un guet-apens arrangé. | |||
Malheureusement pour lui, la révolte prend une ampleur suffisante que pour que [[Quilan le Fléau]], chef des armées de l'[[Empire de l'éternelle lumière]] en ait vent. Il comprend rapidement que le contexte est idéal pour attaquer : l'Empire jouit enfin d'une période de stabilité, les indigènes désirent bouter l'Ordre hors de [[Gotteṙon]] et les kaers cherchent à se venger de l'Ordre. | |||
==Début du conflit== | |||
Quilan parvient à convaincre [[Fṙaægṙal le Gris]], roi du [[Royaume kaerin]], de s'allier à lui pour envahir l’État gotterien sur deux fronts. Tandis que les impériaux attaqueraient depuis les forêts, les kaers mèneraient des raids le long des cotes pour désorganiser la logistique de l'Ordre. | |||
L'occasion d'attaquer se présente en 1242, alors que [[Teron Fléaufort]] dispose l'armée du 5e chapitre (~8 700 hommes) pour tendre une embuscade aux indigènes révoltés et manipulés par sa dodécurie. Teron ayant choisit de tendre son embuscade dans l'actuelle [[Forêt des arbres pourpres]], Quilan dispose lui-même une armée de 40 000 hommes en un gigantesque demi-cercle enveloppant les troupes gotteriennes ne se doutant de rien. Lorsque l'embuscade commence, Teron comprend trop tard que les indigènes sont trop nombreux et trop bien organisés, et qu'il est tombé dans un traquenard. Il n'admettra aucun repli et pas un seul frère de l'Ordre n'en réchappera. Près de 9 000 soldats gotteriens tombèrent lors de cette première bataille, et l’État n'en savait encore rien. | |||
Malheureusement pour Quilan, [[Mornetour]] n'était pas prise pour autant. L'imposante citadelle pourrait tenir son armée en échec durant des mois, et la prendre par surprise n'était pas envisageable, le terrain ne le permettant pas. Préférant profiter de l'avantage de sa mobilité, Quilan divise son armée en trois corps. Le premier, qu'il commande directement, devra engager les troupes gotteriennes près d'[[Apreplaine]]. Il comporte le gros de l'armée impériale, soit environ 200 000 hommes. Le second corps, comportant environ 75 000 hommes, devra longer la [[Méhade]] et tenter de prendre [[Rivefolle]] grâce à l'action conjointe de [[Fṙaægṙal le Gris]], qui viendrait par voie maritime. Le troisième et dernier corps a pour mission de harceler les convois gotteriens et de s'assurer que le ravitaillement soit détourné vers l'armée impériale. | |||
Lorsque [[Talat le Confiant]], alors Grand Maître de l'Ordre, apprend la nouvelle, il brûle d'en découdre et donne l'ordre de rassembler les forces gotteriennes devant [[Apreplaine]], comme l'a prévu Quilan. Fermé d'esprit et d'une confiance aveugle en la volonté de l'Imperfectible, il ignore les conseils de la plupart de ses conseillers militaires qui lui recommandent d'envoyer d'abord des éclaireurs avant de planifier ses opérations. Il arrive à [[Apreplaine]] à la tête de 5 chapitres, un nombre symboliquement heureux : ceux de [[Nobleroc]] (en réalité un demi-chapitre car la 1ere légion doit rester à Nobleroc), [[Villeneuve]], [[Fierpic]], [[Apreplaine]] et [[PortBrume]]. Les 6 autres chapitres (celui de Mornetour étant éliminé) sont alors encore en chemin. | |||
Pour Quilan, c'est une aubaine : toutes les places fortes gotteriennes sont vidées de leurs chapitres à l'exception de Nobleroc, et les armées gotteriennes sont séparées. | |||
Une seconde bataille a lieu dans l'actuelle [[Forêt des arbres pourpres]]. Quilan, ayant vent de l'arrivée des troupes de [[Noblepont]], leur tend une embuscade le long de la route reliant Noblepont à Apreplaine. Il fait scier partiellement les arbres bordant la route sur plusieurs centaines de mètres de façon à ce qu'il puissent être facilement abattus sur celle-ci, puis attend les gotteriens. Ceux-ci sont précédés d'un détachement de cavalerie que Quilan laisse passer, laissant ses hommes cachés en forêt. Lors le gros des troupes arrive, il fait basculer les troncs qui écrasent des centaines de gotteriens, immobilisent totalement leurs déplacements et les empêchent de se positionner en formation. S'ensuit une boucherie où les gotteriens seront tous massacrés malgré une vaillante résistance. La cavalerie assistera impuissante aux événements, ne pouvant raisonnablement charger à travers les troncs ni en forêt. Le détachement de tête s'en ira alors rejoindre Talat pour le mettre au courant des terribles événements. | |||
= | ==Guerre de positions== | ||
Talat commence à prendre conscience de la situation : deux chapitres sur douze ont été annihilés et on ignore encore presque tout de l'adversaire. Il fait alors passer l'ordre de rapatrier les chapitres de [[Rivefolle]] et [[Rocbois]] avant qu'ils ne tombent eux aussi dans l'embuscade de Quilan. Puis il envoie des éclaireurs afin de guider l'arrivée des chapitres de [[Port-estroit]], [[Castelsel]] et [[Rudemuraille]]. Par chance, ceux-ci arriveront à les rejoindre, et bénéficieront de l'approvisionnement des champs d'[[Apreplaine]], malgré les efforts du troisième corps impérial. | |||
Quilan s'approche d'Apreplaine et campe dans les forêts environnante, s'assurant de couper la voie reliant Talat aux deux chapitres isolés à l'ouest. | |||
En se repliant, le chapitre de Rocbois tombe dans une embuscade tendue par le deuxième corps de Quilan, qui, une fois encore, remporte une victoire en forêt. C'est le troisième chapitre de l'Ordre à tomber, et les forces de Quilan, renflouées par les indigènes et le butin amassé sur les gotteriens, sont encore intactes. | |||
Poussant son avantage, le deuxième corps force l'allure pour tenter d'intercepter le chapitre de [[Rivefolle]], mais les gotteriens les devancent et atteignent la cité fortifiée… pour trouver portes closes. [[Fṙaægṙal le Gris]], qui avait profité de l'absence du chapitre, a pris la ville en attaquant par le port lors d'un raid éclair. Les gotteriens sont donc pris en tenaille entre le deuxième corps impérial qui les talonne et les kaers occupant la place forte. Le maréchal gotterien ordonne aussitôt de faire demi-tour pour affronter les impériaux avant qu'ils ne puissent bénéficier du soutien des kaers. Mais ces derniers envoient un détachement qui harcèlent l'arrière-garde gotterienne. Faisant un brusque demi-tour, les soldats de l'Ordre parviendront à éliminer le détachement kaer, mais c'est à ce moment que surgissent les forces impériales. Près de dix fois plus nombreux, ceux-ci parviendront à défaire l'armée gotterienne, désorganisée par sa récente riposte. Les soldats de l'Ordre préféreront tous mourir en martyr que de se rendre. C'est le quatrième chapitre à succomber, et l'ouest de Gotteṙon est presque entièrement sous contrôle impérial. Quilan détache alors 30 000 hommes de son armée principale et fait assiéger Noblepont et Rocbois afin de parachever sa conquête. | |||
[[Fichier:Carte etat gottarien labels geo.png|500px|right|Carte de l’État gotterien]] | |||
Talat, à la tête des huit derniers chapitres, soit environ 70 000 hommes craint pour Nobleroc maintenant que la route longeant la côte de l’État est sans défense, mais il se laisse convaincre de ne pas s'y replier : la ville est très fortifiée, s'attend à une attaque et peut compter sur une légion (1741 hommes), près de 8000 [[Hiérarchie de l'Ordre#Écuyer|écuyers]] et plusieurs milliers de miliciens. | |||
Quilan envoie néanmoins son deuxième corps assiéger Nobleroc en longeant la côte, comme prévu par Talat. Voyant qu'il ne mord pas à l'hameçon, il cherche un autre moyen pour forcer les gotteriens à quitter les plaines qu'ils occupent. Malgré plusieurs tentatives d'escarmouche et des attaques factices, il comprend qu'il n'y parviendra pas. De plus, les places fortes assiégées tiennent bon et ne seront de toute évidence pas prises avant plusieurs mois de siège. Pourtant, l'hiver arrive… Quilan, jouissant du soutien de nombreux autochtones et d'un acheminement en vivres transitant depuis l'empire en passant par Rivefolle, n'aura pas de soucis à s'approvisionner malgré la taille immense de son armée. | |||
Les gotteriens peuvent quant à eux compter sur les réserves d'Apreplaine, mais ils souffrent tout de même de la faim. La délivrance viendra de [[Bizol le Tenace]]. | |||
Récoltant le plus d'informations possible sur l'armée assiégeant Nobleroc, il apprend que les impériaux sont menés par un homme superstitieux qui n'envisage pas une victoire sans le soutien de la lumière. Il apprend aussi où se trouve leur tente de commandement. Il confie alors à Doloṙoṙ le soin de mener une percée nocturne à la tête des [[Hiérarchie de l'Ordre#Écuyer|écuyers]]. L'opération prend les impériaux de court, et leur commandant est rapidement éliminé. S'ensuit alors une déroute générale des impériaux, pourchassés par la cavalerie des écuyers. On estime que près de 15 000 impériaux périrent lors de l'affrontement. Profitant de son succès, Bizol fait aussitôt envoyer des vivres à Apreplaine. | |||
==Mort de Talat== | |||
Quilan, hors de lui, fait exécuter les déserteurs venus lui apporter la nouvelle et décide de se venger. Il envoie une délégation au Grand Maître pour lui annoncer qu'il était disposé à quitter le territoire et à rendre Rivefolle si Talat le vainquait en combat singulier, avec l'équipement de son choix. S'il était vainqueur, les gotteriens devraient lui remettre Noblepont et Rocbois. Pour Talat, il s'agissait d'une plaisanterie. Malgré son âge avancé (près de soixante ans), il était encore un combattant redoutable et son armure de métal parfait parachevait sa formation. Il accepta donc le défi, persuadé que Quilan serait forcé d'y renoncer et de se couvrir de honte. A son grand étonnement, Quilan persista dans son idée, et le combat eu lieu à mi-chemin entre les deux camps. Protégé seulement par une armure cloutée et muni d'un simple sabre, Quilan dénotait avec Talat. Ce-dernier le dépassait d'une bonne tête, était couvert par une armure de plates des pieds à la tête, et brandissait un redoutable marteau de guerre. Confiant dans son armure, sa force et le soutien de l'Imperfectible, Talat chargea Quilan. Au moment où il brandissait son arme, Quilan brandit soudain une sarbacane qu'il dissimulait sous son armure, et décocha un dard empoisonné droit sur le défaut d'armure sous l'aisselle de Talat. Le Grand Maître tomba raide mort. | |||
Furieux, les gotteriens refusèrent d'admettre la victoire de Quilan, la jugeant contraire aux règles d'honneur régissant les duels. Quilan fit remarquer que ces règles ne s'appliquaient qu'à ceux qui les tenaient pour établies, ce qui n'était pas le cas des impériaux. Néanmoins, il n'obtient pas la reddition de Noblepont et Rocbois. Mais son objectif véritable avait été atteint : les gotteriens étaient sans chef et l'initiative était repassée dans son camp. | |||
==Fin de la conquête de la Méhade== | |||
Malheureusement pour lui, son Grand Maréchal [[Kiṙnon Nez-plat]] reprit l'armée en main, et maintint sa position. Ce fut [[Zoṙan Main-moite]] qui succéda à Talat comme Grand Maître, et cet ancien Grand Commandeur tâcherait de temporiser Quilan le temps de reconstituer les armées gotteriennes. | |||
L'hiver passa sans incident supplémentaire, et avec le printemps 1243 vint une mauvaise nouvelle supplémentaire pour Quilan : Les kaers étaient menacés par une attaque de la [[Confédération de Tamascala]] et [[Fṙaægṙal le Gris]] devait quitter le front gotterien, ne laissant qu'une maigre garnison à Rivefolle, laquelle dut être suppléée par une partie de l'armée assiégeant Nobleroc, la rendant définitivement inutile. Quilan réclama alors des renforts à [[Oltèques]], mais l'empereur voyait d'un mauvais œil la popularité croissante du chef de guerre, acclamé comme un héros par le peuple à travers tout l'empire. Pour lui, infliger de telles défaites à l'Ordre était amplement suffisant pour assurer la prospérité de l'Empire, aussi s'excusa t-il de ne pouvoir lui offrir aucun renfort. Pas dupe, Quilan comprit qu'il était seul. | |||
Il tenta a nouveau désespérément d'attirer les gotteriens sur un terrain plus favorable pour lui, sans résultats. Il rebroussa alors chemin, bien décidé à investir Noblepont avant l'hiver. Malgré les appels à l'aide du commandeur local, Zoṙan refusa de déplacer son armée. Quilan entreprit d'abord de faire passer une partie de son armée de l'autre côté de la Méhade afin de cerner la forteresse des deux côtés. Puis, il fit fabriquer de grands radeaux de bois qu'il chargea de poix et de divers produits produisant de la fumée toxique, et les lâcha sur la rivière, en amont de la forteresse. Les radeaux furent bloqués au niveau du pont et provoquèrent un début d'incendie, qui fut néanmoins maîtrisé par les milices locales, et fut sans conséquences. Irrité, il entreprit de faire creuser de profonds tunnels dont les entrées étaient camouflées par la forêt. Son effort paya après un peu plus d'un mois, et l'enceinte extérieure fut prise en quelques jours, malgré une farouche résistance. Cela n'eut pas été possible sans la totale inaction de Zoṙan qui ne sut d'ailleurs pas profiter de la fragmentation de l'armée impériale, comme Bizol, Doloṙoṙ et ses autres détracteurs le lui feront remarquer. Ce dernier défendra sa décision : il fallait reconstituer ses armées avant de frapper si l'on voulait éviter une débâcle totale. La population fut épargnée, car Quilan avait toujours besoin de l'appui des civils. L'enceinte intérieure n'était toujours par prise, mais les vivres viendraient rapidement à manquer pour les soldats de l'Ordre. | |||
Réprimant une mutinerie, le commandeur gotterien fit catapulter les meneurs sur les rangs des impériaux, consternés par les projectiles utilisés. Comprenant qu'ils tiendraient encore un long moment avant de se rendre, dussent-ils crever comme des rats, Quilan laissa une garnison pour tenir l'enceinte externe et empêcher toute sortie des membres de l'Ordre. Il mit ensuite le siège devant Rocbois, bien décidé à employer la même stratégie. Cette fois, il décide cependant de ne pas diviser ses forces, et se contente des tunnels. Avertis de la façon dont Noblepont avait été prise, le commandeur de Rocbois emploie toute la population pour guetter les tunnels. C'est une erreur : sachant qu'ils auraient la vie sauf en cas d'attaque, et souffrant de la faim, de nombreux citadins font semblant de participer à l'effort demandé mais ne rapportent pas les sons qu'ils entendent. L'enceinte extérieure tombera en un mois à peine, mais cette fois la retraite des membres de l'Ordre dans l'enceinte intérieure fut entravée par des civils qui bloquèrent les itinéraires de retraite et les portes par leurs charrettes. Les impériaux eurent dés lors le temps de rattraper les gotteriens avant qu'ils ne se replient et l'enceinte intérieure fut prise en quelques jours. Tous les membres de l'Ordre qui daignèrent se rendre furent sacrifiés en hommage à [[Mahali'kul]]. | |||
L'année se passa sans autre faits majeurs, et les impériaux pouvaient se targuer d'un bilan très favorable : ils contrôlaient les trois places-fortes le long de la [[Méhade]], et avaient annihilé le tiers des [[Hiérarchie de l'Ordre#Chevalier|chevaliers]] gotteriens (près de 35 000 hommes) ainsi que son Grand-Maître. De son côté, l'Ordre avait seulement éliminé un nombre équivalent d'impériaux, ce qui représentait une bien moindre proportion de leurs forces. | |||
= | ==Bataille du ciel de feu== | ||
Au printemps 1244, Quilan profita des prédictions de ses savants lui annonçant un violent orage, et vint enfin ranger son armée dans la plaine non loin d'Apreplaine. Flairant le piège, Zoṙan refusait toujours d'attaquer. Furieux de son inaction perpétuelle, le Grand Maréchal Kiṙnon passa outre de ses ordres et organisa l'assaut. Quilan fut quelque peu pris de court par l'assaut gotterien, trop rapide d'après ses prévisions, et ses rangs de lanciers eurent à pâtir d'une charge de cavalerie féroce, tandis que les traits de ses archers ricochaient sur les armures gotteriennes. Tandis que la cavalerie effectuait un replis pour se réorganiser, l'orage annoncé arriva. Une dizaine de phalangistes de l'Ordre furent soudain foudroyés, jetant le désarrois dans leurs rangs. Impossible de maintenir cette formation sans brandir les sarisses à la verticale, ce qui était néanmoins la mort assurée. Kiṙnon ordonna que l'on maintienne malgré tout la formation, et les frères avancèrent sous une pluie violente, entrecoupée par le grondement du tonnerre, les hurlements des hommes calcinés par la foudre et les tirs enflammés des trébuchets gotteriens. | |||
S'il était impossible pour les archers impériaux de profiter de leur avantage, le sol boueux avait rendu impossible toute charge de cavalerie et les armures gotteriennes rendaient les déplacements de l'infanterie très difficiles. Les impériaux, au contraire, étaient équipés d'armures légères et massacraient les frères tombés au sol. | |||
Comprenant son erreur, Kiṙnon fit battre ses troupes en retraite, mais Quilan avait prévu l'éventualité, et des détachements impériaux avaient déjà contourné les arrières gotteriennes. S'ensuit une bataille meurtrière dans la boue, sans gloire ni honneur. L’entièreté des huit chapitres restant furent massacrés ce jour là, emportant une dizaine de milliers d'impériaux avec eux. | |||
Victorieux, Quilan disposait encore de 160 000 hommes, sans compter les garnisons de Noblepont et Rocbois. | |||
==Destitution de Zoṙan== | |||
Zoṙan, qui n'avait pas participé à la bataille, revint à Nobleroc pour y soutenir le siège qui ne tarderait pas à venir. | |||
Bizol étant désormais le plus haut gradé de la loge militaire, il obtint le titre de Grand Maréchal, et siégeait au Conseil. Comme lui, [[Beleran le Bonisseur]] le Grand Commandeur et [[Harland Sobrelangue]] le Grand Maître Ingénieur reprochaient à Zoṙan sa lâcheté et son inaction. [[Laeṙn Hauteflamme]] le Grand Inspecteur Inquisiteur des Tribunaux et [[Damol le Manchot]] le Grand Maître des Arts étaient plutôt d'avis que la faute incombait à Kiṙnon : s'il avait obéi aux ordres de Zoṙan, la débâcle aurait été évitée. | |||
A trois avis contre un, le Conseil Suprême ne pouvait destituer Zoṙan. Cependant, Doloṙoṙ, conscient de l'opportunité que comportait les reproches faits à Zoṙan, réussi à convaincre [[Ṙain le chroniqueur]] de rejeter lui-aussi le blâme sur le Grand Maître. Ainsi, la chronique de la bataille du ciel de feu valut rapidement à Zoṙan son suffixe de « Main-moite », et sa survie fut assimilée à de la lâcheté. Comment le Grand Maréchal Kiṙnon et tous les chevaliers pouvaient-ils être tombés valeureusement au combat alors que le Grand Maître était encore en vie ? La [[Règle de l'Ordre]] interdisait pourtant clairement la fuite, en particulier pour un commandant ! | |||
Au | Au grand étonnement de tous, cette critique acerbe poussa Zoṙan à admettre devant le Conseil Suprême qu'il était dépassé par les événements et incompétent pour résoudre l'affaire. Il nomma alors Bizol comme successeur, au vu de ses résultats lors du siège de Nobleroc, la seule victoire gotterienne depuis le début de la guerre. A 36 ans, il s'agissait du plus jeune Grand Maître de l'Ordre de l'histoire. Cette nomination devait être ratifiée par au moins deux des quatre membres survivants du [[Conseil Suprême]]. Beleran et Harland soutinrent Bizol, et le vote fut ratifié. Laeṙn, le parti le plus probable au vu de ses nombreuses années de service et de sa grande influence, ne digérera jamais ce qu'il considéra comme un affront intolérable. | ||
Bizol nomma aussitôt Doloṙoṙ, alors âgé de 32 ans comme Grand Maréchal, faisant de lui le plus jeune homme ayant jamais occupé ce poste. Malgré les nombreuses critiques, force était d'admettre que la situation était catastrophique pour la loge militaire, tous les gradés ayant été tués. | |||
==Tournant de la guerre== | |||
Rassemblant aussitôt ses forces, Bizol ne laissa à Nobleroc que 2000 miliciens, et quitta la ville à la tête de 1700 [[Hiérarchie de l'Ordre#Chevalier|chevaliers]], 8 000[[Hiérarchie de l'Ordre#Écuyer|écuyers]] et environ 30 000 miliciens recrutés et fanatisés au cours des deux années de siège en échange de vivres. Il pouvait donc compter sur 40 000 hommes, appuyés par de nombreux membres de la loge du génie. | |||
Quilan, occupé à assiéger Apreplaine, ne se doutait pas que les gotteriens fussent encore disposer à se battre après leur récente défaite, et fut surpris devant les murs d'Apreplaine. A la tête de la cavalerie des écuyers, devançant le gros de l'armée gotterienne de plusieurs jours, Doloṙoṙ tomba par surprise sur l'armée impériale, éparpillée dans les champs pour fourrager. Il en massacra plus d'un millier avant de se replier hors de vue. Pour effectuer ce mouvement sans se faire repérer, Doloṙoṙ était passé par un défilé des [[Monts noirs]], gardé par la forteresse de Mornetour. | |||
Se doutant que la cavalerie n'agissait pas seule, Quilan leva hâtivement le siège d'Apreplaine afin de se porter à la rencontre de l'armée gotterienne, qui, selon lui, suivait la cavalerie. Il se posta donc là où les autochtones lui avaient indiqué le défilé emprunté par Doloṙoṙ. Ses éclaireurs lui apprirent cependant rapidement que nul armée n'était en vue. Et pour cause, Bizol, à la tête de l'infanterie, n'avait pas emprunté ce défilé, mais arrivait par le nord, par le chemin le plus rapide depuis Nobleroc. Aussitôt qu'il en fut averti, Quilan se porta à sa rencontre, mais il était trop tard : la rivière [[Kewuth]] s'étendait entre l'armée gotterienne et son armée, et le seul moyen de la franchir rapidement était d'emprunter le pont défendu par Apreplaine. Secondé par la garnison de la ville, Bizol balaya les forces impériales postées sur la rive est, et entra dans la ville, où il put lever 8000 [[Hiérarchie de l'Ordre#Écuyer|écuyers]] supplémentaires, et environ 10 000 miliciens. Ses forces se composaient désormais d'environ 18 000 frères bien équipés (moins la cavalerie menée par Doloṙoṙ), secondés par 40 000 miliciens. Quilan en alignait quatre fois plus. | |||
==Bataille du divin châtiment== | |||
Harcelé par Doloṙoṙ qui malmenait ses fourrageurs tel un démon insaisissable, Quilan ne pouvait espérer cacher son avancée. Il envoya alors une délégation pour négocier la fin de la guerre, à la condition de conserver les trois places-fortes conquises jusqu'alors. Bizol refusa fermement, et déclara que l'issue de la guerre se réglerait sur champ de bataille. | |||
Quilan disposa alors son armée sur une hauteur adossée à la rivière Kewuth, ses flancs étant protégés par un massif forestier. | |||
Bizol releva aussitôt le défi, fit sortir son armée d'Apreplaine et se porta à sa rencontre. | |||
Patient, et sachant son ennemi dans l'incapacité de s'échapper ou de se ravitailler efficacement, le Grand Maître fit installer des fortins autour de la position de Quilan, qu'il garnit d'armes de siège. | |||
La suite des événements diverge selon les chroniqueurs. Selon [[Rain le chroniqueur]], Quilan fut tué par Bizol en personne dés le début de l'affrontement, selon d'autres il périt noyé durant le débâcle qui suivit. Quant aux impériaux, ils affirment que Doloṙoṙ arrangea son assassinat. Quoiqu'il en soit, Quilan fut de toutes évidence mis hors d'état de nuire dés le début de l'assaut gotterien, lequel comme nous le narre Rain « Le ciel fut recouvert d'un essaim de frelons de feu, et l'effroi empli leurs cœurs tandis que les arbres, mille fois maudits, flambaient telles des torches, masquant de leur crépitement leurs cris d'épouvante». Profitant d'un vent favorable soufflant en direction de l'armée impériale et ayant noté qu'il avait fait fort sec les jours précédents, Bizol avait en effet donné l'ordre à l'artillerie de faire feu sur la forêt couvrant les flancs de l'armée adverse. L'incendie prit aussi bien qu'escompté, ce qui força les impériaux à se concentrer au centre ou à tenter leur chance dans la rivière. Aussitôt, profitant du chaos, Bizol lança ses forces à l'assaut et paracheva une déroute générale. Des milliers d'impériaux moururent par noyade, d'autres brûlés vifs, les autres piétinés par leurs camarades ou taillés en pièces par les soldats gotteriens. On estime que plus de la moitié de l'armée de Quilan péri ce jour, les autres battant en retraite en direction de Rocbois ou par le nord de Gotteṙon. Les premiers furent devancés par la cavalerie gotterienne qui tailla en pièce tous les déserteurs s'approchant de Rocbois. Parmi les seconds, environ 30 000 hommes, parvinrent à fuir entre Rudemuraille et Port-estroit, et regagnèrent [[Otlèques]] au cours de la [[Marche des cent jours]]. S’ensuivra une guerre civile meurtrière. | |||
==Reconquête== | |||
Une fois la victoire acquise, Doloṙoṙ assiégea Fortbois. Les citadins supportant les impériaux, il finira par forcer les impériaux à tenter une sortie, et vaincra ainsi la garnison. Il usa ensuite d'une ruse pour pénétrer dans la place en se faisant passer pour prisonnier, et obligera les impériaux à quitter Rocbois précipitamment. S'ensuivit alors la [[Complainte de Rocbois]] : le massacre de la population jugée félonne par Doloṙoṙ et son armée. Peu désireux de subir le même sort, la population de Noblepont pousse la garnison impériale à quitter la place, et accueille le Grand Maréchal en libérateur. | |||
Répondant à la demande de la loge juridique qui voit d'un très mauvais œil les agissements de Doloṙoṙ, Bizol le renvoie à Nobleroc pour y être jugé et le remplace. Après un bref siège, il s'empare de Rivefolle à la fin de l'hiver 1244, après que la garnison kaerine l'ai rendu en échange d'une trêve. | |||
[[Catégorie:Guerres]] | |||
Dernière version du 23 juillet 2025 à 20:04
| Guerre des arbres pourpres | ||||||||||||||||
| Informations générales | ||||||||||||||||
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| Guerre des arbres pourpres | ||||||||||||||||
| Batailles | ||||||||||||||||
| Bataille du ciel de feu Bataille du divin châtiment | ||||||||||||||||
La guerre des arbres pourpres est un conflit opposant l'Ordre de l'Imperfectible et l'Empire de l'éternelle lumière entre 1242 et 1244. Elle prend fin en 1244 avec la Bataille du divin châtiment. L'Ordre en sortira vainqueur, mais fortement affaibli. Surtout, sa réputation d'invincibilité sera à jamais prise ébréchée. Du côté de l'Empire, ce conflit entraînera une guerre civile meurtrière.
Contexte[modifier]
En 1224, la guerre faisant rage entre l'Empire de l'éternelle lumière et l'Ordre de l'Imperfectible, alors dirigé par Urien II le conciliateur, prend fin grâce aux efforts de ce dernier. L'Empire en profite pour mettre de l'ordre dans ses affaires internes pour le moins chaotiques.
En 1240, les kaers violent un traité de non-agression et mettent Villeneuve à sac. La loge Juridique demande alors qu'on exécute tous les otages kaers en représailles. Vṙenzaz Bonne-Chance, un capitaine de la première légion (et le père de Doloṙoṙ Mortepitié), marié notamment à Danuṙia, une noble kaerine, refusera de la livre et réclamera des représailles purement militaires, sous la forme d'une expédition punitive. Laeṙn Hauteflammes, Grand Inspecteur Inquisiteur des Tribunaux le fera juger comme traître, malgré les réticences du Grand Maître de l'Ordre Gaber Longue-Lance. Vṙenzaz subira donc la penta-guillotine aux côtés de son épouse, et de nombreux nobles kaerins.
Cette riposte odieuse déclenchera une nouvelle guerre féroce entre les gotteriens et les kaers.
En 1241, Teron Fléaufort, maréchal de Mornetour, envoie une dodécurie rejoindre les rangs de rebelles indigènes en se faisant passer pour des déserteurs. Ses hommes ont pour mission d'inciter les rebelles à se rassembler et à se montrer audacieux, afin de pouvoir les écraser dans un guet-apens arrangé.
Malheureusement pour lui, la révolte prend une ampleur suffisante que pour que Quilan le Fléau, chef des armées de l'Empire de l'éternelle lumière en ait vent. Il comprend rapidement que le contexte est idéal pour attaquer : l'Empire jouit enfin d'une période de stabilité, les indigènes désirent bouter l'Ordre hors de Gotteṙon et les kaers cherchent à se venger de l'Ordre.
Début du conflit[modifier]
Quilan parvient à convaincre Fṙaægṙal le Gris, roi du Royaume kaerin, de s'allier à lui pour envahir l’État gotterien sur deux fronts. Tandis que les impériaux attaqueraient depuis les forêts, les kaers mèneraient des raids le long des cotes pour désorganiser la logistique de l'Ordre. L'occasion d'attaquer se présente en 1242, alors que Teron Fléaufort dispose l'armée du 5e chapitre (~8 700 hommes) pour tendre une embuscade aux indigènes révoltés et manipulés par sa dodécurie. Teron ayant choisit de tendre son embuscade dans l'actuelle Forêt des arbres pourpres, Quilan dispose lui-même une armée de 40 000 hommes en un gigantesque demi-cercle enveloppant les troupes gotteriennes ne se doutant de rien. Lorsque l'embuscade commence, Teron comprend trop tard que les indigènes sont trop nombreux et trop bien organisés, et qu'il est tombé dans un traquenard. Il n'admettra aucun repli et pas un seul frère de l'Ordre n'en réchappera. Près de 9 000 soldats gotteriens tombèrent lors de cette première bataille, et l’État n'en savait encore rien.
Malheureusement pour Quilan, Mornetour n'était pas prise pour autant. L'imposante citadelle pourrait tenir son armée en échec durant des mois, et la prendre par surprise n'était pas envisageable, le terrain ne le permettant pas. Préférant profiter de l'avantage de sa mobilité, Quilan divise son armée en trois corps. Le premier, qu'il commande directement, devra engager les troupes gotteriennes près d'Apreplaine. Il comporte le gros de l'armée impériale, soit environ 200 000 hommes. Le second corps, comportant environ 75 000 hommes, devra longer la Méhade et tenter de prendre Rivefolle grâce à l'action conjointe de Fṙaægṙal le Gris, qui viendrait par voie maritime. Le troisième et dernier corps a pour mission de harceler les convois gotteriens et de s'assurer que le ravitaillement soit détourné vers l'armée impériale.
Lorsque Talat le Confiant, alors Grand Maître de l'Ordre, apprend la nouvelle, il brûle d'en découdre et donne l'ordre de rassembler les forces gotteriennes devant Apreplaine, comme l'a prévu Quilan. Fermé d'esprit et d'une confiance aveugle en la volonté de l'Imperfectible, il ignore les conseils de la plupart de ses conseillers militaires qui lui recommandent d'envoyer d'abord des éclaireurs avant de planifier ses opérations. Il arrive à Apreplaine à la tête de 5 chapitres, un nombre symboliquement heureux : ceux de Nobleroc (en réalité un demi-chapitre car la 1ere légion doit rester à Nobleroc), Villeneuve, Fierpic, Apreplaine et PortBrume. Les 6 autres chapitres (celui de Mornetour étant éliminé) sont alors encore en chemin.
Pour Quilan, c'est une aubaine : toutes les places fortes gotteriennes sont vidées de leurs chapitres à l'exception de Nobleroc, et les armées gotteriennes sont séparées.
Une seconde bataille a lieu dans l'actuelle Forêt des arbres pourpres. Quilan, ayant vent de l'arrivée des troupes de Noblepont, leur tend une embuscade le long de la route reliant Noblepont à Apreplaine. Il fait scier partiellement les arbres bordant la route sur plusieurs centaines de mètres de façon à ce qu'il puissent être facilement abattus sur celle-ci, puis attend les gotteriens. Ceux-ci sont précédés d'un détachement de cavalerie que Quilan laisse passer, laissant ses hommes cachés en forêt. Lors le gros des troupes arrive, il fait basculer les troncs qui écrasent des centaines de gotteriens, immobilisent totalement leurs déplacements et les empêchent de se positionner en formation. S'ensuit une boucherie où les gotteriens seront tous massacrés malgré une vaillante résistance. La cavalerie assistera impuissante aux événements, ne pouvant raisonnablement charger à travers les troncs ni en forêt. Le détachement de tête s'en ira alors rejoindre Talat pour le mettre au courant des terribles événements.
Guerre de positions[modifier]
Talat commence à prendre conscience de la situation : deux chapitres sur douze ont été annihilés et on ignore encore presque tout de l'adversaire. Il fait alors passer l'ordre de rapatrier les chapitres de Rivefolle et Rocbois avant qu'ils ne tombent eux aussi dans l'embuscade de Quilan. Puis il envoie des éclaireurs afin de guider l'arrivée des chapitres de Port-estroit, Castelsel et Rudemuraille. Par chance, ceux-ci arriveront à les rejoindre, et bénéficieront de l'approvisionnement des champs d'Apreplaine, malgré les efforts du troisième corps impérial.
Quilan s'approche d'Apreplaine et campe dans les forêts environnante, s'assurant de couper la voie reliant Talat aux deux chapitres isolés à l'ouest.
En se repliant, le chapitre de Rocbois tombe dans une embuscade tendue par le deuxième corps de Quilan, qui, une fois encore, remporte une victoire en forêt. C'est le troisième chapitre de l'Ordre à tomber, et les forces de Quilan, renflouées par les indigènes et le butin amassé sur les gotteriens, sont encore intactes.
Poussant son avantage, le deuxième corps force l'allure pour tenter d'intercepter le chapitre de Rivefolle, mais les gotteriens les devancent et atteignent la cité fortifiée… pour trouver portes closes. Fṙaægṙal le Gris, qui avait profité de l'absence du chapitre, a pris la ville en attaquant par le port lors d'un raid éclair. Les gotteriens sont donc pris en tenaille entre le deuxième corps impérial qui les talonne et les kaers occupant la place forte. Le maréchal gotterien ordonne aussitôt de faire demi-tour pour affronter les impériaux avant qu'ils ne puissent bénéficier du soutien des kaers. Mais ces derniers envoient un détachement qui harcèlent l'arrière-garde gotterienne. Faisant un brusque demi-tour, les soldats de l'Ordre parviendront à éliminer le détachement kaer, mais c'est à ce moment que surgissent les forces impériales. Près de dix fois plus nombreux, ceux-ci parviendront à défaire l'armée gotterienne, désorganisée par sa récente riposte. Les soldats de l'Ordre préféreront tous mourir en martyr que de se rendre. C'est le quatrième chapitre à succomber, et l'ouest de Gotteṙon est presque entièrement sous contrôle impérial. Quilan détache alors 30 000 hommes de son armée principale et fait assiéger Noblepont et Rocbois afin de parachever sa conquête.

Talat, à la tête des huit derniers chapitres, soit environ 70 000 hommes craint pour Nobleroc maintenant que la route longeant la côte de l’État est sans défense, mais il se laisse convaincre de ne pas s'y replier : la ville est très fortifiée, s'attend à une attaque et peut compter sur une légion (1741 hommes), près de 8000 écuyers et plusieurs milliers de miliciens.
Quilan envoie néanmoins son deuxième corps assiéger Nobleroc en longeant la côte, comme prévu par Talat. Voyant qu'il ne mord pas à l'hameçon, il cherche un autre moyen pour forcer les gotteriens à quitter les plaines qu'ils occupent. Malgré plusieurs tentatives d'escarmouche et des attaques factices, il comprend qu'il n'y parviendra pas. De plus, les places fortes assiégées tiennent bon et ne seront de toute évidence pas prises avant plusieurs mois de siège. Pourtant, l'hiver arrive… Quilan, jouissant du soutien de nombreux autochtones et d'un acheminement en vivres transitant depuis l'empire en passant par Rivefolle, n'aura pas de soucis à s'approvisionner malgré la taille immense de son armée. Les gotteriens peuvent quant à eux compter sur les réserves d'Apreplaine, mais ils souffrent tout de même de la faim. La délivrance viendra de Bizol le Tenace.
Récoltant le plus d'informations possible sur l'armée assiégeant Nobleroc, il apprend que les impériaux sont menés par un homme superstitieux qui n'envisage pas une victoire sans le soutien de la lumière. Il apprend aussi où se trouve leur tente de commandement. Il confie alors à Doloṙoṙ le soin de mener une percée nocturne à la tête des écuyers. L'opération prend les impériaux de court, et leur commandant est rapidement éliminé. S'ensuit alors une déroute générale des impériaux, pourchassés par la cavalerie des écuyers. On estime que près de 15 000 impériaux périrent lors de l'affrontement. Profitant de son succès, Bizol fait aussitôt envoyer des vivres à Apreplaine.
Mort de Talat[modifier]
Quilan, hors de lui, fait exécuter les déserteurs venus lui apporter la nouvelle et décide de se venger. Il envoie une délégation au Grand Maître pour lui annoncer qu'il était disposé à quitter le territoire et à rendre Rivefolle si Talat le vainquait en combat singulier, avec l'équipement de son choix. S'il était vainqueur, les gotteriens devraient lui remettre Noblepont et Rocbois. Pour Talat, il s'agissait d'une plaisanterie. Malgré son âge avancé (près de soixante ans), il était encore un combattant redoutable et son armure de métal parfait parachevait sa formation. Il accepta donc le défi, persuadé que Quilan serait forcé d'y renoncer et de se couvrir de honte. A son grand étonnement, Quilan persista dans son idée, et le combat eu lieu à mi-chemin entre les deux camps. Protégé seulement par une armure cloutée et muni d'un simple sabre, Quilan dénotait avec Talat. Ce-dernier le dépassait d'une bonne tête, était couvert par une armure de plates des pieds à la tête, et brandissait un redoutable marteau de guerre. Confiant dans son armure, sa force et le soutien de l'Imperfectible, Talat chargea Quilan. Au moment où il brandissait son arme, Quilan brandit soudain une sarbacane qu'il dissimulait sous son armure, et décocha un dard empoisonné droit sur le défaut d'armure sous l'aisselle de Talat. Le Grand Maître tomba raide mort.
Furieux, les gotteriens refusèrent d'admettre la victoire de Quilan, la jugeant contraire aux règles d'honneur régissant les duels. Quilan fit remarquer que ces règles ne s'appliquaient qu'à ceux qui les tenaient pour établies, ce qui n'était pas le cas des impériaux. Néanmoins, il n'obtient pas la reddition de Noblepont et Rocbois. Mais son objectif véritable avait été atteint : les gotteriens étaient sans chef et l'initiative était repassée dans son camp.
Fin de la conquête de la Méhade[modifier]
Malheureusement pour lui, son Grand Maréchal Kiṙnon Nez-plat reprit l'armée en main, et maintint sa position. Ce fut Zoṙan Main-moite qui succéda à Talat comme Grand Maître, et cet ancien Grand Commandeur tâcherait de temporiser Quilan le temps de reconstituer les armées gotteriennes.
L'hiver passa sans incident supplémentaire, et avec le printemps 1243 vint une mauvaise nouvelle supplémentaire pour Quilan : Les kaers étaient menacés par une attaque de la Confédération de Tamascala et Fṙaægṙal le Gris devait quitter le front gotterien, ne laissant qu'une maigre garnison à Rivefolle, laquelle dut être suppléée par une partie de l'armée assiégeant Nobleroc, la rendant définitivement inutile. Quilan réclama alors des renforts à Oltèques, mais l'empereur voyait d'un mauvais œil la popularité croissante du chef de guerre, acclamé comme un héros par le peuple à travers tout l'empire. Pour lui, infliger de telles défaites à l'Ordre était amplement suffisant pour assurer la prospérité de l'Empire, aussi s'excusa t-il de ne pouvoir lui offrir aucun renfort. Pas dupe, Quilan comprit qu'il était seul.
Il tenta a nouveau désespérément d'attirer les gotteriens sur un terrain plus favorable pour lui, sans résultats. Il rebroussa alors chemin, bien décidé à investir Noblepont avant l'hiver. Malgré les appels à l'aide du commandeur local, Zoṙan refusa de déplacer son armée. Quilan entreprit d'abord de faire passer une partie de son armée de l'autre côté de la Méhade afin de cerner la forteresse des deux côtés. Puis, il fit fabriquer de grands radeaux de bois qu'il chargea de poix et de divers produits produisant de la fumée toxique, et les lâcha sur la rivière, en amont de la forteresse. Les radeaux furent bloqués au niveau du pont et provoquèrent un début d'incendie, qui fut néanmoins maîtrisé par les milices locales, et fut sans conséquences. Irrité, il entreprit de faire creuser de profonds tunnels dont les entrées étaient camouflées par la forêt. Son effort paya après un peu plus d'un mois, et l'enceinte extérieure fut prise en quelques jours, malgré une farouche résistance. Cela n'eut pas été possible sans la totale inaction de Zoṙan qui ne sut d'ailleurs pas profiter de la fragmentation de l'armée impériale, comme Bizol, Doloṙoṙ et ses autres détracteurs le lui feront remarquer. Ce dernier défendra sa décision : il fallait reconstituer ses armées avant de frapper si l'on voulait éviter une débâcle totale. La population fut épargnée, car Quilan avait toujours besoin de l'appui des civils. L'enceinte intérieure n'était toujours par prise, mais les vivres viendraient rapidement à manquer pour les soldats de l'Ordre. Réprimant une mutinerie, le commandeur gotterien fit catapulter les meneurs sur les rangs des impériaux, consternés par les projectiles utilisés. Comprenant qu'ils tiendraient encore un long moment avant de se rendre, dussent-ils crever comme des rats, Quilan laissa une garnison pour tenir l'enceinte externe et empêcher toute sortie des membres de l'Ordre. Il mit ensuite le siège devant Rocbois, bien décidé à employer la même stratégie. Cette fois, il décide cependant de ne pas diviser ses forces, et se contente des tunnels. Avertis de la façon dont Noblepont avait été prise, le commandeur de Rocbois emploie toute la population pour guetter les tunnels. C'est une erreur : sachant qu'ils auraient la vie sauf en cas d'attaque, et souffrant de la faim, de nombreux citadins font semblant de participer à l'effort demandé mais ne rapportent pas les sons qu'ils entendent. L'enceinte extérieure tombera en un mois à peine, mais cette fois la retraite des membres de l'Ordre dans l'enceinte intérieure fut entravée par des civils qui bloquèrent les itinéraires de retraite et les portes par leurs charrettes. Les impériaux eurent dés lors le temps de rattraper les gotteriens avant qu'ils ne se replient et l'enceinte intérieure fut prise en quelques jours. Tous les membres de l'Ordre qui daignèrent se rendre furent sacrifiés en hommage à Mahali'kul.
L'année se passa sans autre faits majeurs, et les impériaux pouvaient se targuer d'un bilan très favorable : ils contrôlaient les trois places-fortes le long de la Méhade, et avaient annihilé le tiers des chevaliers gotteriens (près de 35 000 hommes) ainsi que son Grand-Maître. De son côté, l'Ordre avait seulement éliminé un nombre équivalent d'impériaux, ce qui représentait une bien moindre proportion de leurs forces.
Bataille du ciel de feu[modifier]
Au printemps 1244, Quilan profita des prédictions de ses savants lui annonçant un violent orage, et vint enfin ranger son armée dans la plaine non loin d'Apreplaine. Flairant le piège, Zoṙan refusait toujours d'attaquer. Furieux de son inaction perpétuelle, le Grand Maréchal Kiṙnon passa outre de ses ordres et organisa l'assaut. Quilan fut quelque peu pris de court par l'assaut gotterien, trop rapide d'après ses prévisions, et ses rangs de lanciers eurent à pâtir d'une charge de cavalerie féroce, tandis que les traits de ses archers ricochaient sur les armures gotteriennes. Tandis que la cavalerie effectuait un replis pour se réorganiser, l'orage annoncé arriva. Une dizaine de phalangistes de l'Ordre furent soudain foudroyés, jetant le désarrois dans leurs rangs. Impossible de maintenir cette formation sans brandir les sarisses à la verticale, ce qui était néanmoins la mort assurée. Kiṙnon ordonna que l'on maintienne malgré tout la formation, et les frères avancèrent sous une pluie violente, entrecoupée par le grondement du tonnerre, les hurlements des hommes calcinés par la foudre et les tirs enflammés des trébuchets gotteriens. S'il était impossible pour les archers impériaux de profiter de leur avantage, le sol boueux avait rendu impossible toute charge de cavalerie et les armures gotteriennes rendaient les déplacements de l'infanterie très difficiles. Les impériaux, au contraire, étaient équipés d'armures légères et massacraient les frères tombés au sol. Comprenant son erreur, Kiṙnon fit battre ses troupes en retraite, mais Quilan avait prévu l'éventualité, et des détachements impériaux avaient déjà contourné les arrières gotteriennes. S'ensuit une bataille meurtrière dans la boue, sans gloire ni honneur. L’entièreté des huit chapitres restant furent massacrés ce jour là, emportant une dizaine de milliers d'impériaux avec eux. Victorieux, Quilan disposait encore de 160 000 hommes, sans compter les garnisons de Noblepont et Rocbois.
Destitution de Zoṙan[modifier]
Zoṙan, qui n'avait pas participé à la bataille, revint à Nobleroc pour y soutenir le siège qui ne tarderait pas à venir.
Bizol étant désormais le plus haut gradé de la loge militaire, il obtint le titre de Grand Maréchal, et siégeait au Conseil. Comme lui, Beleran le Bonisseur le Grand Commandeur et Harland Sobrelangue le Grand Maître Ingénieur reprochaient à Zoṙan sa lâcheté et son inaction. Laeṙn Hauteflamme le Grand Inspecteur Inquisiteur des Tribunaux et Damol le Manchot le Grand Maître des Arts étaient plutôt d'avis que la faute incombait à Kiṙnon : s'il avait obéi aux ordres de Zoṙan, la débâcle aurait été évitée.
A trois avis contre un, le Conseil Suprême ne pouvait destituer Zoṙan. Cependant, Doloṙoṙ, conscient de l'opportunité que comportait les reproches faits à Zoṙan, réussi à convaincre Ṙain le chroniqueur de rejeter lui-aussi le blâme sur le Grand Maître. Ainsi, la chronique de la bataille du ciel de feu valut rapidement à Zoṙan son suffixe de « Main-moite », et sa survie fut assimilée à de la lâcheté. Comment le Grand Maréchal Kiṙnon et tous les chevaliers pouvaient-ils être tombés valeureusement au combat alors que le Grand Maître était encore en vie ? La Règle de l'Ordre interdisait pourtant clairement la fuite, en particulier pour un commandant !
Au grand étonnement de tous, cette critique acerbe poussa Zoṙan à admettre devant le Conseil Suprême qu'il était dépassé par les événements et incompétent pour résoudre l'affaire. Il nomma alors Bizol comme successeur, au vu de ses résultats lors du siège de Nobleroc, la seule victoire gotterienne depuis le début de la guerre. A 36 ans, il s'agissait du plus jeune Grand Maître de l'Ordre de l'histoire. Cette nomination devait être ratifiée par au moins deux des quatre membres survivants du Conseil Suprême. Beleran et Harland soutinrent Bizol, et le vote fut ratifié. Laeṙn, le parti le plus probable au vu de ses nombreuses années de service et de sa grande influence, ne digérera jamais ce qu'il considéra comme un affront intolérable.
Bizol nomma aussitôt Doloṙoṙ, alors âgé de 32 ans comme Grand Maréchal, faisant de lui le plus jeune homme ayant jamais occupé ce poste. Malgré les nombreuses critiques, force était d'admettre que la situation était catastrophique pour la loge militaire, tous les gradés ayant été tués.
Tournant de la guerre[modifier]
Rassemblant aussitôt ses forces, Bizol ne laissa à Nobleroc que 2000 miliciens, et quitta la ville à la tête de 1700 chevaliers, 8 000écuyers et environ 30 000 miliciens recrutés et fanatisés au cours des deux années de siège en échange de vivres. Il pouvait donc compter sur 40 000 hommes, appuyés par de nombreux membres de la loge du génie.
Quilan, occupé à assiéger Apreplaine, ne se doutait pas que les gotteriens fussent encore disposer à se battre après leur récente défaite, et fut surpris devant les murs d'Apreplaine. A la tête de la cavalerie des écuyers, devançant le gros de l'armée gotterienne de plusieurs jours, Doloṙoṙ tomba par surprise sur l'armée impériale, éparpillée dans les champs pour fourrager. Il en massacra plus d'un millier avant de se replier hors de vue. Pour effectuer ce mouvement sans se faire repérer, Doloṙoṙ était passé par un défilé des Monts noirs, gardé par la forteresse de Mornetour.
Se doutant que la cavalerie n'agissait pas seule, Quilan leva hâtivement le siège d'Apreplaine afin de se porter à la rencontre de l'armée gotterienne, qui, selon lui, suivait la cavalerie. Il se posta donc là où les autochtones lui avaient indiqué le défilé emprunté par Doloṙoṙ. Ses éclaireurs lui apprirent cependant rapidement que nul armée n'était en vue. Et pour cause, Bizol, à la tête de l'infanterie, n'avait pas emprunté ce défilé, mais arrivait par le nord, par le chemin le plus rapide depuis Nobleroc. Aussitôt qu'il en fut averti, Quilan se porta à sa rencontre, mais il était trop tard : la rivière Kewuth s'étendait entre l'armée gotterienne et son armée, et le seul moyen de la franchir rapidement était d'emprunter le pont défendu par Apreplaine. Secondé par la garnison de la ville, Bizol balaya les forces impériales postées sur la rive est, et entra dans la ville, où il put lever 8000 écuyers supplémentaires, et environ 10 000 miliciens. Ses forces se composaient désormais d'environ 18 000 frères bien équipés (moins la cavalerie menée par Doloṙoṙ), secondés par 40 000 miliciens. Quilan en alignait quatre fois plus.
Bataille du divin châtiment[modifier]
Harcelé par Doloṙoṙ qui malmenait ses fourrageurs tel un démon insaisissable, Quilan ne pouvait espérer cacher son avancée. Il envoya alors une délégation pour négocier la fin de la guerre, à la condition de conserver les trois places-fortes conquises jusqu'alors. Bizol refusa fermement, et déclara que l'issue de la guerre se réglerait sur champ de bataille.
Quilan disposa alors son armée sur une hauteur adossée à la rivière Kewuth, ses flancs étant protégés par un massif forestier. Bizol releva aussitôt le défi, fit sortir son armée d'Apreplaine et se porta à sa rencontre. Patient, et sachant son ennemi dans l'incapacité de s'échapper ou de se ravitailler efficacement, le Grand Maître fit installer des fortins autour de la position de Quilan, qu'il garnit d'armes de siège.
La suite des événements diverge selon les chroniqueurs. Selon Rain le chroniqueur, Quilan fut tué par Bizol en personne dés le début de l'affrontement, selon d'autres il périt noyé durant le débâcle qui suivit. Quant aux impériaux, ils affirment que Doloṙoṙ arrangea son assassinat. Quoiqu'il en soit, Quilan fut de toutes évidence mis hors d'état de nuire dés le début de l'assaut gotterien, lequel comme nous le narre Rain « Le ciel fut recouvert d'un essaim de frelons de feu, et l'effroi empli leurs cœurs tandis que les arbres, mille fois maudits, flambaient telles des torches, masquant de leur crépitement leurs cris d'épouvante». Profitant d'un vent favorable soufflant en direction de l'armée impériale et ayant noté qu'il avait fait fort sec les jours précédents, Bizol avait en effet donné l'ordre à l'artillerie de faire feu sur la forêt couvrant les flancs de l'armée adverse. L'incendie prit aussi bien qu'escompté, ce qui força les impériaux à se concentrer au centre ou à tenter leur chance dans la rivière. Aussitôt, profitant du chaos, Bizol lança ses forces à l'assaut et paracheva une déroute générale. Des milliers d'impériaux moururent par noyade, d'autres brûlés vifs, les autres piétinés par leurs camarades ou taillés en pièces par les soldats gotteriens. On estime que plus de la moitié de l'armée de Quilan péri ce jour, les autres battant en retraite en direction de Rocbois ou par le nord de Gotteṙon. Les premiers furent devancés par la cavalerie gotterienne qui tailla en pièce tous les déserteurs s'approchant de Rocbois. Parmi les seconds, environ 30 000 hommes, parvinrent à fuir entre Rudemuraille et Port-estroit, et regagnèrent Otlèques au cours de la Marche des cent jours. S’ensuivra une guerre civile meurtrière.
Reconquête[modifier]
Une fois la victoire acquise, Doloṙoṙ assiégea Fortbois. Les citadins supportant les impériaux, il finira par forcer les impériaux à tenter une sortie, et vaincra ainsi la garnison. Il usa ensuite d'une ruse pour pénétrer dans la place en se faisant passer pour prisonnier, et obligera les impériaux à quitter Rocbois précipitamment. S'ensuivit alors la Complainte de Rocbois : le massacre de la population jugée félonne par Doloṙoṙ et son armée. Peu désireux de subir le même sort, la population de Noblepont pousse la garnison impériale à quitter la place, et accueille le Grand Maréchal en libérateur.
Répondant à la demande de la loge juridique qui voit d'un très mauvais œil les agissements de Doloṙoṙ, Bizol le renvoie à Nobleroc pour y être jugé et le remplace. Après un bref siège, il s'empare de Rivefolle à la fin de l'hiver 1244, après que la garnison kaerine l'ai rendu en échange d'une trêve.