Religions
Traits principaux
Histoire
Premier Été
Le plus vieux vestige religieux en Pandréa est le champ des anges, composé de totems cylindriques en pierre gravées grossièrement pour former des visages. Le consensus des historiens oltèquiens est que les colonnes font partie d'un culte des ancêtres du premier été, chaque colonne représentant un membre important des tribus d'alors. La théorie que ce sont des sculptures des formes humaines des dieux lorsqu'ils marchaient encore entre les hommes pour guider l'humanité à son enfance est également répandue. Toutefois aucune autre trace des religions du premier été ne subsiste et ce ne sont là que des hypothèses très incomplètes.
Premier Hiver
Lors de l'hiver, seuls les peuples archéens subsistent en Pandréa. Les archéens vivant très isolés, les croyances religieuses varient fortement d'un clan à l'autre. La vie rude des archéens, et la mémoire de temps plus doux lors de l'été précédents les poussent vers la formation d'une religion vénérant leur sources de nourriture et promettant un nouvel été. Sur le Haut-relief sloqashi, on peut observer des dieux-poissons, des dieux-bulbes et des dieux-mycètes. Le volcan et l'océan, tous deux lieux de nourriture, sont souvent élevés comme divins également. Plusieurs clans en font un couple mâle et femelle de dieux, le plus puissant couple divin qui soit. Ce couple se retrouve encore à l'époque actuelle dans la religion sloqashie.
En ces temps rudes, chaque source de nourriture est importante et aucun sacrifice -humain, animal ou végétal- ne se fait. À leur place, le feu joue un rôle prépondérant dans les rites, chassant l'obscurité et le froid et amenant l'eau de la pierre gelée.
À la fin de l'hiver, Sheubane recommence à recevoir la lumière du soleil une ou deux heures par jour. C'est une nouvelle ère pour les archéens qui avaient étés pendant des générations dans l'obscurité totale qui les marquera fortement leur religion. Ce long crépuscule facilite la survie des êtres vivants de Sheubane et le soleil sera vite intégré comme dieu dans les religions des clans. Les vieilles légendes ressurgissent et les Archéens comprennent qu'un nouvel été s'approche. C'est l'âge de l'astronomie archéenne où plusieurs cadrants solaires, grossiers mais précis, sont construits pour prédire l'arrivée de l'été en mesurant le rétrécissement de l'ombre due au soleil à son apogée.
La période d'ensoleillement augmente progressivement pour atteindre trois à cinq heures par jour, ce qui marquera l'arrivée des animaux de l'aube et le développement de l'art et l'artisanat archéen, lesquels auront un impact direct sur leurs religions. En interprétant que le soleil montre au hommes où les richesses de la terre se trouvent pour lui être offertes, des rites d'extraction de gemmes précieuses sont initiés aux flancs des volcans pour en faire des offrandes. Celles-ci perdureront jusqu'au contact des Rëgasiens et Noqimiens, où les conflits les forceront à échanger les gemmes pour acheter des armes ou la paix. La tradition perdurera tout de même un peu plus longtemps en remplaçant les gemmes par les yeux d'animaux chassés.
Également, les archéens profitent de la lumière et du renouveau artistique pour peindre leur légendes. Peintes à l'extérieur et soumises aux intempéries du climat plus chaud qui allait arriver, peu de fresques ou bas-reliefs restent de nos jours. L'œuvre la plus formidable est le Haut-relief Sloqashi, représentant la genèse du monde et des dieux selon les sloqashis.
Grande Aube
L'arrivée des peuples rëgasiens de l'ouest marque l'introduction de leur religions en Pandréa. Guidés par les astres, ces derniers ont une place importante dans les religions rëgasiennes et représentent des qualités humaines désirables en société. Le soleil, Nimä, est dieu du courage, L'Aquenne, Tila, est déesse de la justice tandis que l'Ournée, Uëa, est déesse de l'amitié. Descendants des astres, les élémentaires sont également des dieux très puissants, premiers de leur espèce à peupler le monde. Les éléments du monde sont également divins descendants de leur élémentaire correspondant mais de puissance et d'importance très variable. Comme ces esprits divins sont les éléments physique du monde, ils ne peuvent pas voyager avec les nomades rëgasiens et il est fréquent dans ces premières religions d'avoir plusieurs dieux aux rôles très similaires ou aux mêmes pouvoirs. Pour ne pas être oubliés des dieux les voyageurs rëgasiens n'ont pas le temps de construire des monuments pérennes, mais ils laissent de nombreuses petites sculptures en os ou en bois.
Pandréa est encore une terre au climat hostile au rëgasiens, et la survie des tribus migrantes se fait initialement avec l'aide d'archéens. En résulte une intégration dans la mythologie rëgasiennes de légendes et attributs propres aux dieux archéens. Ainsi, en Dramëdo, Nimä fusionnera avec le dieu archéen Sp'heturh pour acquérir la légende du collier de gemmes réfléchissante qu'il perdit une nuit de dispute avec sa femme. Les fusions sont extrêmement diversifiées, les variations des cultes étant déjà très fortes entre les différentes tribus sloquashies et rëgasiennes avant les premier contacts.
Alors que le nombre de migrants rëgasiens et la luminosité augmentent, des tensions se font rapidement sentir entres les colons et les natifs. Les divinités archéennes prennent une existence à part entière dans la mythologie rëgasiennes, les dieux de pierre, anciens tyrans maléfiques dont le règne fut mit à terme par les divinités d'origine rëgasiennes, les dieux fluides. Ce fut Barydä, dieu de la foudre, qui destitua Këridÿ, dernier dieu de pierre. Il apparait alors dans les religions rëgasiennes une séparation forte entre les forces du Bien, incarnés par les dieux fluides, et les forces du Mal, incarnés par les dieux de pierre. Les dieux fluides sont les forces dynamiques du monde : vents, pluies, feux, mers, la foudre ou même terres tandis que les dieux de pierre sont rigides : pierres, glaces et gemmes.
Bas-âge
L'entrechoquement frappe les peuples rëgasiens en plein fouet. Séismes et raz-de-marées dévastateurs les laissent terrifiés. L'impact sur la conscience collective est énorme. Accusant les slokashis d'avoir invoqué les dieux de pierres, le génocide slokashi commence. Unis contre ces derniers, les cultes rëgasiens de Pandréa s'uniformise en un culte commun, le Fylukisme. Les légendes des divinités fylukistes gardent certaines variations établie lors de la grande aube, mais ces variations sont conciliées au possible en les intégrant toutes en même temps. Les pratiques religieuses, en revanche, perdent leurs caractéristique locales. Voici les principales coutumes qui s'établissent.
- À Sëřola, première source et mère de toutes les source et les cascades, on offre un caillou pointu sous une un cascade, pour qu'elle émousse et amoindrisse le dieu de pierre.
- À Tepuro, grand volcan d'Alma et père de tout les brasiers, on allume un foyer dans un petite pièce, avec lequel on fait fondre de la glace en vapeur jusqu'à ce que la pièce devienne un vrai sauna.
- À Inurë, le souffle divin des haut-ciels et mère de tous les vents, l'on offre des grains de sa récolte, afin qu'elle ensemence le monde de bonnes plantes.
- À Bunire, esprit de l'Océan courroucé et père de toutes les mers, on cherche des poissons marins qu'on nourrit avec de la paille.
- À Çilaë, la première terre et mère de toutes les terres, on tamise un sceau de terreau pour retirer toute impureté de pierre.
- À Nursu, l'arbre-de-sagesse et père de tous les arbres, on plante une graine d'arbre que l'on entoure de graines de plantes sauvages qui le protégeront de plantes envahissantes.
- À Nimä, dieu du soleil, on tend un miroir pour montrer à quel point il est beau.
- À Urÿnë, déesse de l'Ournée, on allume une torche.
- À Akenë, déesse de l'Aquenne, on saigne un bœuf, sans le tuer.
À cette époque, les premiers temples de pierres fylukistes commence également à être bâtis. Le bâtiment de chaque temple Fylukistes représente un dieu de pierre en esclavage. Ce dernier est dominé par un bassin sacré d'un fluide, comme un brasier, une fontaine ou un mobile redirigeant le vent, chacun représentant un dieu fluide victorieux sur le dieu de pierre sur lequel il repose. Certains temples, les temples de la victoire, sont au contraire exclusivement dédiés à l'humiliation des dieux de pierre, où l'on y pratique le sacrifice des sloquashis par un fluide. La noyade est particulièrement prisée, comme vengeance des raz-de-marées causée par l'entrechoquement.
Éliminées peu à peu avec leurs croyants, les religions sloqashies évoluent peu et s'ancrent dans un conservatisme qui préservera la religion presque intacte jusqu'à aujourd'hui. En revanche, les Issis sont directement confrontés au regasiëns, qui les massacrent sans faire la différences avec les sloqashis. Cette agression ne laisse aucune trace de leur religion.
Peu après l'entrechoquement, les tribus slaeciennes arrivent en Pandréa. Elles ont traversées la nuit éternelle et ces conditions extrêmement rudes ont également fortement influencé leur religions. Dans leurs religions, l'humanité a été abandonnée par les dieux et laissée pour morte. Seules les deux lunes ont continué à croire en l'humanité et l'ont aidée et guidée vers des terres habitables, avec l'aide occasionnelle des trois petites lunes.
Pas de gaspillage chez les slaeciens, chaque chose du monde a sa place et son rôle établis par les dieux et seul un dieu sait ce qui est superflu et ce qui est utile au monde. Les dieux se chargeront eux-même de détruire le superflu. Cette attitude survivaliste prohibe les offrandes et les sacrifices. Les slaeciens honorent les lunes durant leurs repas du matin et du soir. Le repas du matin a lieu en réalité avant l'aube et celui du soir après le crépuscule, afin de pouvoir voir les lunes. Durant un repas slaecien les membres de la tribus s'assoient en cercle, le chef devant la marmite contenant le repas. Les personnes passent chacun à leur tour devant la marmite en faisant tourner le cercle entier de la tribu. Devant la marmite, chaque individu fait ses prières aux lunes avant d'être soutenu par le reste de la tribu et ensuite il ou elle se sert de ce qui lui semble juste. Si le chef a un avis différent de sa valeur depuis le précédent repas, il peut le réprimander et échanger sa part contre la sienne.
Arrivent également les peuples noqimiens en Kanassa amenant leur propre religion. Leur religion est très hiérarchisée. Qani, le dieu-soleil domine tous les autres dieux et tout les êtres. Sa fille Telu, maitresse de l'Aquenne est déesse de la vie et de la fertilité, tandis que son fils Gezo, maitre de l'Ournée, est dieu de la maladie et de la mort. Les autres dieux vivent dans le domaine de l'aquenne auquel ils s'adonnent à des divertissement et des expériences qui créent le monde. Chez les premiers noqimiens, le monde est en évolution et création constante, bien que l'essentiel des inventions soient jetées car elles n'égalent pas la splendeur de celles du dieu-soleil et de l'Aquenne. Les hommes sont les jardiniers ou concierges du monde, chargé d'entretenir les inventions des dieux et d'éliminer les « déchets ».
Apothéose
L'Empire iakloréen établit le Fylukisme comme religion officielle, unique et obligatoire. En 1423 av. GC, les préceptes religieux sont écrits et codifiés par l'Empereur Inykä. Les dates des fêtes principales fylukistes sont établies. Les bâtiments de pierre sont interdit sauf pour les temples. L'entretien d'un potager est obligatoire pour toute famille citoyenne (de la première et la seconde caste) et interdite pour les autres.
Un système de castes se met en place, en fonction de leur relation avec les matières impures des dieux de pierres. Les nobles, les prêtres et les artistes forment la première caste, la caste des purs. Ils ne manipulent jamais que des fluides et ne touchent jamais pierre ou métal. Les allées des temples sont couvertes de tapis pour éviter des inconvénients. Tout contact avec une pierre ou un métal entraîne l'obligation de se placer en quarantaine et d'effectuer quotidiennement des rites de purification. Les femmes sont particulièrement affectées par une impureté. Leur quarantaine dure trois mois pour s'assurer qu'elles ne sont pas enceintes, car on ne peut féconder quand on est impur sous risque de créer un enfant démoniaque. Les marchands, les valets et les paysans forment la deuxième caste, la caste des purs du cœur. Ils peuvent manipuler les objets en métal ou en pierre mais ils ne peuvent jamais les produire ou les réparer. C'est la tâche de la dernière caste, celle des artisans, des maçons et des gueux. Dépréciés de la sociétés, ils ne sont tolérés que parce qu'ils sont indispensables. Il leur est interdit de posséder de la terre, car la terre est fluide et est trop sacrée pour eux. À la place, la troisième caste vit dans des cités troglodytes où cela est possible, ou en nomades autour de la cité.
C'est dans ce contexte rigide que grandit Ëtany, fondateur de l'Yzisme vers 1300 av. GC. Ëtany est un enfant de la troisième caste, ses pères tenant une forge de bronze. Vers ses treize ans, une famine frappe et la troisième caste inférieure et privée d'agriculture est la plus affamée. Son père, sans le sou et misérable, loue Ėtany à un marchand itinérant qui vient de faire fortune en revendant de la nourriture sloqashie provenant du Nord. Ėtany lui servira pour entretenir sa cargaison de métaux impurs qu'il compte revendre aux sloquashis. En rencontrant les Sloqashis, Ėtany découvre une culture loin d'être démoniaque, où le travail du métal était respectable. C'est à ce moment qu'on raconte qu'il reçoit la grâce des lunes une nuit, où l'Ournée et l'Aquenne lui expliquent que les dieux fluides et les dieux de pierres sont les deux faces d'une même pièce, Uryta, la conscience universelle. Ils doivent travailler main dans la main, mais ce n'est pas possible à cause des guerres entre leurs croyants.
Fort de ses nouvelles croyances, Ėtany rentre à Nosanari et commence à prêcher. Ses actions mènent vite à des troubles au sein de la troisième caste, ce qui inquiète les castes supérieurs qui le font arrêter. Cette arrestation déclenche une émeute qui fini au bain de sang. Au terme de la bataille, Ëtany appelle la troisième caste à se retirer. Pour les rëgasiens de la première et deuxième classe, c'est le début d'une économie basée sur l'esclavage pour remplacer la main d'œuvre manquante. Quant à Ëtany et les siens, ils voyagent jusqu'en Zuqima, où ils fonde une société égalitaire entre Sloqashis et rëgasiens. Peu habiles avec l'agriculture, les disettes et les famines, la nouvelle société se réduit à peau de chagrin, jusqu'à l'arrivée des Noqimiens.