Duleuron
Le Duleuron, ou Düløṙon en kaer et Dülöṙon en euréen, est un grand crocodile endémique aux lacs de Bäadarlamern. Les peuples locaux affirment qu'il peut atteindre une quinzaine de mètres, avaler un homme d'un seul coup, briser un abre d'un coup de machoire et lui attribuent une intelligence maléfique. Son armure serait également invulnérable, à l'exception de son ventre.
Maganiri de Tebtunis, dans son célèbre ouvrage "Créatures légendaires, du mythe à la réalité", pense qu'ils ne dépassent pas une dizaine de mètres. Elle ne remet cependant pas en question l'appétit de la créature pour la chair humaine et considère possible qu'il soit capable d'avaler un homme, bien qu'il préfère les noyer et les consommer sous l'eau. Maganiri confirme que le duleuron fait preuve d'une intelligence assez étonnante pour une espèce reptilienne, et émet l'hypothèse que la longévité importante de l'animal (de toute évidence au moins un siècle) lui permet d'accumuler assez d'informations que pour anticiper les comportements de ses proies, y compris humaines. Il connaît ainsi les heures et les endroits où les femmes viennent au lac chercher de l'eau, les pécheurs tendre leurs filets, les plongeurs collecter les palourdes, etc. Il finit également par connaître les techniques de chasse employées contre lui et élabore des pièges afin de prendre l'avantage. Bref, l'animal est à la fois rusé, puissant, cuirassé et carnassier et mérite sa réputation de terreur du lac.
Les trois ethnies les plus influencées par le duleuron sont les kaers, les euréens et les ardelakis. Les premiers utilisent la bête comme adversaire à affronter lors d'un rite permettant d'accéder à l'élite guerrière. Il ne s'agit en général pas de tenter de tuer le duleuron, mais plutôt de traverser à la nage un lac à proximité d'une de ces créatures. Étant donné la vitesse de nage du duleuron et la terreur qu'il inspire, le défi est de taille.
Les euréens organisent un rituel où les prétendants au titre de roi (en cas de décès ou destitution de celui-ci) doivent vaincre un duleuron au corps-à-corps (armés, bien entendus). Lorsqu'un miraculé parvient l'exploit de tuer la bête, il devient immédiatement légitime, bien que l'exploit ne soit pas suffisant. Ils font aussi appel au crocodile lors de cérémonies sacrificielles ou comme bourreau.
Enfin, les ardelakis, plus prosaïques, le chassent pour sa chair, ses écailles et son cuir (armures), ses dents (colliers, outils tels que couteaux) et le sport. Contrairement aux humains, les archéens ont en effet la force physique nécessaire à percer sa cuirasse. Détestant l'eau, ils ne le chassent, que lorsqu'il sort du lac pour couver ses œufs (femelles), et en groupe.